- Larry - Brut d’expérience
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100 commandes plus tard..
Désir immédiat, information permanente
Bonjour à tous,
Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’une expérience très concrète, presque banale sur le papier, mais qui m’a en réalité beaucoup appris : je viens de passer plus d’une centaine de commandes en quelques semaines pour refaire entièrement mon appartement.
Au départ, tout était assez structuré, presque rationnel. Je travaillais avec une architecte d’intérieur qui m’a orienté sur les grandes lignes, les volumes, les matières, les pièces importantes à acheter. J’avais une feuille de route claire, presque confortable, avec l’idée simple d’exécuter ce plan, sans surprise.
J’ai donc commencé “normalement”. Leroy Merlin pour la base, Saint Maclou pour les sols, quelques gros acteurs pour les essentiels. Des achats utiles, logiques, attendus.
Et puis, sans vraiment m’en rendre compte, quelque chose s’est enclenché.
Quand l’achat devient un flux
À force d’acheter du mobilier, de visiter quelques sites, de m’intéresser au design, Instagram a compris. Et là, je suis entré dans une autre dimension. Je ne cherchais plus, je regardais, et on me montrait.
Je me suis retrouvé happé dans un flux continu de publicités, d’objets, d’idées, de mises en scène, et j’ai commencé à acheter des choses que je n’avais absolument pas prévues au départ, non pas de manière compulsive, mais très clairement de manière impulsive.
Ce qui est frappant, c’est que je n’ai rien cherché. Zéro Google, zéro SEO, zéro démarche active. 100% de mes achats viennent soit des recommandations initiales de l’architecte, soit de ce que j’ai vu passer sur Instagram. Rien d’autre n’existe vraiment.
Et sur Instagram, tout va très vite, mais tout est extrêmement maîtrisé : des vidéos très courtes, une voix off, une lumière parfaite, un produit mis en scène de manière impeccable. Et surtout une chose : je me projette. On me montre un objet déjà chez moi.
Une publicité doit être parfaite. Le produit doit être sublimé au maximum, au point de provoquer une réaction immédiate. Si en 3 secondes je ne me dis pas “je le veux chez moi”, c’est terminé.
Le clic qui change tout
Puis je clique, et à partir de ce moment-là, tout change complètement.
Je ne veux plus d’émotion. Je veux être accompagné. Comme si un vendeur était à côté de moi.
Je veux comprendre ce que j’achète, je veux savoir quand je vais être livré, comment cela va se passer, quel transporteur va intervenir, ce que je dois faire si tout se passe bien, et surtout ce que je dois faire si quelque chose ne se passe pas comme prévu. Aujourd’hui, je ne finalise plus un achat sur un site qui ne me dit pas clairement quand je vais être livré.
C’est là que les choses deviennent intéressantes, parce que j’ai continué à acheter, notamment sur des petits sites de designers.
Leur force est indéniable : une sélection forte, un œil, des objets originaux, parfois faits main, des pièces qu’on ne voit pas ailleurs. Et pour être très clair, j’ai acheté chez eux.
Mais derrière cette force produit, l’expérience s’effondre. Les pages sont longues, la navigation manque de fluidité, les informations sont floues, parfois inexistantes. Je ne sais pas quand je vais être livré. Parfois ça arrive en deux jours, parfois en deux semaines, sans logique. Le produit est mal expliqué, je dois interpréter, deviner.
Et surtout, je dois chercher.
Chercher l’information, chercher un contact, chercher à comprendre si tout est normal. Et sans même m’en rendre compte, l’achat devient une charge mentale. Je dois vérifier, relancer, anticiper. Et ça s’ajoute à ma vie.
Ce qui est frustrant, c’est qu’ils font le plus dur. Le produit est bon, parfois remarquable. Mais tout le reste ne suit pas. Quand le produit ne convient pas, le SAV est quasi inexistant, et dans la majorité des cas, aucun remboursement possible.
Résultat : je ne reviendrai pas.
Ceux qui ont compris que le vrai produit, c’est la tranquillité
À côté de ça, il y a Amazon et IKEA. Et là, c’est une autre planète. Je commande et je sais. Je sais quand ça arrive, avec qui, où en est mon colis. Je reçois des emails, j’ai du tracking, j’ai de l’information en continu. Et surtout, je n’y pense plus. La commande avance sans moi.
C’est ça, le vrai luxe aujourd’hui : ne pas mobiliser son cerveau.
C’est pour ça qu’on y revient encore et encore.
L’enfer des intermédiaires
Entre les deux, il y a un troisième monde, celui des intermédiaires : La Redoute, Sklum, parfois Leroy Merlin sur certaines commandes.
Et là, pour être très clair, mon expérience avec La Redoute a été un enfer.
Oui, la sélection est bonne. Oui, le site donne envie. Mais derrière, on est extrêmement loin d’Amazon et d’IKEA. On sent un mélange de marketplace mal maîtrisé, avec des vendeurs tiers sur lesquels ils ont peu de contrôle. Les promesses ne sont pas tenues.
Dans mon cas, c’est simple : retards à répétition, commandes annulées, produits livrés en plusieurs fois, colis incomplets… Dans près de 80% des cas, il y a eu un problème.
On passe son temps à vérifier, à comprendre, à relancer. On redevient actif dans quelque chose qui devrait être totalement passif.
Et là, ça devient une charge mentale.
Ce n’est pas juste “pas optimal”.
C’est fatigant.
Bilan : La redoute, plus jamais.
Quand ça ne va pas, tout se joue
C’est que tout se joue quand ça ne va pas. Quand la livraison est en retard, quand il y a une erreur, quand il faut être chez soi pour réceptionner un objet lourd. C’est là que j’ai besoin de la marque.
Et c’est souvent là qu’elle disparaît.
Chats automatisés inefficaces, réponses floues, impossibilité de parler à quelqu’un.
Et à ce moment-là, quelque chose se casse définitivement.
Je ne pardonne pas.
La rupture silencieuse : Temu
Et puis il y a eu une autre claque, plus inattendue : Tému. Je cherchais des affiches, je tombe sur des sites magnifiques comme Drool, des visuels sublimes, des affiches à 65 euros. Je me dis que cela a du sens.
Puis je vais sur Tému pour la première fois de ma vie, et là c’est troublant : le même rendu, les mêmes affiches, parfois avec cadre, pour 5 euros, livrés en quelques jours.
Et quand j’en parle autour de moi, tout le monde me dit : “mais évidemment, Tému”.
Je ne sais pas encore quoi faire de ça, mais une chose est sûre : c’est un monstre.


Le vrai décalage
Et au milieu de tout ça, il y a un autre décalage qui m’a frappé, peut-être le plus important. Le décalage entre le côté commerçant et le côté client.
Côté commerçant, on passe des heures, des jours, des semaines sur des sujets comme le SEO, la position d’un bouton, l’optimisation d’un tunnel (déjà très optimisé!!), le wording d’un CTA. On fait des réunions, on débat, on affine.
On se casse la tête à comprendre pq 73% des clientes disparaissent après leur premier achat.
Pendant ce temps-là, côté client, quelqu’un attend une réponse à son email depuis quatre jours.
Mais c’est ça, la réalité.
Le client ne se souvient pas de votre SEO. Il ne se souvient pas de vos balises HTML. Il se souvient du moment où il n’a pas eu de réponse. Du moment où il a dû chercher. Du moment où il a été seul.
La vérité simple du e-commerce
Tout cela m’a ramené à quelque chose de beaucoup plus simple.
Le e-commerce, c’est deux moments.
Le premier, c’est l’émotion. Une vidéo, une image, un produit parfaitement mis en valeur, en quelques secondes.
Le deuxième, c’est l’expérience. Et en réalité, tout est dans l’expérience.
Et l’expérience, c’est une seule chose : l’information.
Beaucoup d’information.
Toujours plus d’information.
Sur le produit.
Sur la livraison.
Dans le compte client.
Dans les emails.
Dans le service client.
Il vaut mieux trop en dire que pas assez.
Parce que le moment où le client doit chercher, c’est le moment où vous perdez.
Et plus le panier est élevé, plus cette exigence est forte. À 10 euros on tolère, à 200 euros on devient exigeant, à 500 ou 1000 euros on n’accepte plus rien de moins que la perfection.
Si je devais résumer ces 100 commandes : On achète une émotion en 10 secondes, puis une tranquillité totale pendant tout le reste du parcours.
Et cette tranquillité ne se négocie pas.
À bientôt,
Larry